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GAËL DAAVO EN EXPOSITION AU CENTRE CULTUREL OUADADA, DU 20 DÉCEMBRE 2025 AU 31 JANVIER 2026.

Né dans les années 1980 au cœur du pays Mahi, dans les collines de Savalou — région originelle du vodoun Sakpata, dieu de la terre — Gael DAAVO est diplômé d’une licence en arts plastiques de l’Institut national des métiers d’art, d’archéologie et de la culture de l’Université d’Abomey-Calavi.

Plasticien pluridisciplinaire, il développe une pratique fondée sur une interrogation constante des traces enfouies de l’humanité. Durant ce qu’il nomme sa période « pré-académique », son intérêt pour la matière l’oriente vers les sculptures vodun, dont l’esthétique singulière dialogue avec l’œuvre de sculpteurs contemporains tels qu’Ousmane Sow, Cyprien Tokoudagba, Bruce Onobrakpeya, Ludovic Fadairo et Romuald Hazoumè.

Ses œuvres en volume invitent ses contemporains à réfléchir aux phénomènes nuisibles qui, bien que multiples, demeurent profondément ancrés dans leur quotidien. À travers ses sculptures et installations, on peut lire une forme d’hymne aux vertus portées par le vodun, comme un appel à préserver la nature et à cesser de malmener ce système de protection ancestral. Selon lui, le chaos qui traverse le monde trouve son origine dans la mise à mal de la nature et dans l’abandon des principes fondateurs du vodun.

Les enjeux liés au changement climatique, aux crises migratoires et au néocolonialisme occupent ainsi une place centrale dans ses installations, souvent associées à l’art vidéo. Les couleurs propres aux pratiques du culte vodun réapparaissent dans ses peintures, affirmant son identité et sa fierté d’être « fils du vodun ». Il puise également son inspiration dans l’aspect brut des sacrifices déposés sur les autels — parfois multicolores comme l’arc-en-ciel d’Ayidohouèdo, dieu de la pluie — ainsi que dans les parures des adeptes et l’architecture majestueuse des temples.

En 2017, il engage des travaux d’expérimentation et de recherche philosophique, plastique et esthétique autour du caractère caméléonesque de l’être humain. Marquée par cette réflexion, sa création laisse apparaître des figures déstructurées ou défigurées, recouvertes d’aplats de tons polychromes. Ces formes deviennent autant de métaphores des traits changeants de l’humanité. Ses peintures, réalisées à l’acrylique et aux pigments de terre vodun, prolongent cette exploration de l’identité, de la transformation et des forces profondes qui traversent le monde.