Culture et société béninoise

Le Bénin compte près de 8 millions d’habitants. Sa population est jeune (45% des béninois ont moins de 15 ans) et sa démographie est en constante progression.

Une pluralité de communautés

On compte une soixantaine de groupes socio-culturels et autant de langues sur le territoire béninois. D’où une grande diversité de cultures :

  • Présents surtout dans le Sud du pays, les Fon sont les descendants du royaume d’Abomey et constituent avec plus de deux millions de représentants le groupe majoritaire au Bénin. Ils sont essentiellement chrétiens.
  • Les Yoruba sont originaires du Nigeria (Royaume d’Ifé et empire d’Oyo) et installés au Bénin depuis le XIIè siècle. Ils vivent dans le Sud-Est et le Centre. Ils sont réputés pour leur don du commerce et sont généralement de confession musulmane.
  • Les Goun et apparentés, majoritaires à Porto-Novo et dans les communes environnantes sont connus pour leur goût des grandes fêtes populaires : ils sont à l’origine du phénomène Ago (cérémonie) qui envahit les rues chaque fin de semaine. Une tendance transmise aux autres communautés de la région…!
  • Les Mina, issus du Sud Ghanéen sont également présents au Togo et vivent dans les villages côtiers du Sud-Ouest du Bénin. Ils sont traditionnellement pêcheurs.
  • Les Bariba, présents à Nikki, Parakou, Kandi,… anciens guerriers redoutables, sont connus pour leur tradition de cavalerie et la célébration chaque année de la fête de la Ganni.
  • Les Bê Tammaribê (bons maçons) communément appelés Somba sont les « cousins » des Tamberma du Nord togolais. Ils sont réputés pour le style et les techniques architecturales de leurs habitations, les Tata somba, classées patrimoine de l’Humanité par l’UNESCO.
  • Les Dendi, majoritairement musulmans, sont proches des populations sahéliennes : ils excellent dans le commerce et sont de grands exploitants agricoles (culture du coton et élevage  de moutons). On les rencontre à Kandi, Malanville, Djougou…
  • Les Peul sont un peuple nomade : ils mènent leurs bœufs à travers les frontières selon les saisons. Ils vivent de l’élevage et sont connus pour leur savoir faire artisanal et leur fromage très apprécié. On les reconnaît à leur allure fine et élancée, leurs bijoux, les couleurs chatoyantes de leurs vêtements et les tatouages soulignant leur regard et ornant leur visage.

Le syncrétisme religieux

Le Bénin est une République laïque mais ses populations sont souvent très ferventes que ce soit dans le catholicisme, l’islam ou l’animisme (culte vodou). Ces trois religions ainsi que leurs dérivées suscitent un engouement profond. A tel point que la plupart du temps, une seule et même personne en pratique plusieurs : on parle alors de syncrétisme religieux. On explique ce phénomène par la prégnance des cultes traditionnels, c’est-à-dire le Vodou, qui prévalait avant l’implantation du christianisme et de la religion musulmane. Il existe au Bénin une réelle tolérance entre les différentes croyances.

La culture vodou

Le terme Vodou est connu dans le monde entier et le Bénin en est le berceau même si les rites et traditions qui lui sont liés ont migré jusqu’au Brésil, Cuba et Haïti du fait de la traite des Noirs. Toutefois, le contenu même de cette croyance fait souvent l’objet de bien des préjugés…
Le panthéon vodou rassemble plusieurs divinités dont chacune fait l’objet d’un culte et de rites déterminés. Le dieu Ogou est lié au fer : il est adoré des forgerons, chasseurs, soldats et tout autre corps de métier lié à cette matière. Liée à la variole, Sakpata est la divinité de la terre, Héviêso du tonnerre et de la foudre, Dan et Mami Wata de l’eau, etc. Chaque Vodou a ses couvents et adeptes. Ainsi l’organisation de cette religion est rigoureusement hiérarchisée et extrêmement complexe. Et ce d’autant plus qu’elle en garde bien les secrets.

La paternité de ce panthéon est attribuée à Olorun pour les Yoruba et au couple Mahu et Lissa pour les Fon.
Mahu correspond au Ciel et Lissa à la terre. Au début de ce monde, Mahu et Lissa vivaient avec leurs enfants, les Hommes. Ils étaient les plus têtus et désobéissants des êtres vivants : lorsqu’ils pilaient, ils levaient leur pilon si haut et si fort qu’ils heurtaient Mahu. Afin de se mettre à l’abri, celui-ci monta et monta encore, s’éloignant ainsi de son épouse. Lissa, malheureuse et abandonnée, ne parvenait à élever seule ses enfants. Famine et souffrance s’installèrent peu à peu. La situation fit peine à Mahu ; il se mit à pleurer… les larmes qu’il versa redonnèrent espoir et vie à Lissa et ses enfants. La pluie symbolise ainsi l’harmonie retrouvée du cosmos et l’arc-en-ciel représente l’alliance célébrée entre Mahu et Lissa, le pont entre le ciel et la terre.

Nombre de ces contes ou légendes donnent une explication aux phénomènes terrestres et aux comportements humains. C’est à ces contes que se réfère le Fâ, oracle divinisé, présent dans tous les cultes vodou et consulté par leurs adeptes.

Les cultes des divinités vodou sont originaires de la moitié sud où ils sont très présents. Ouidah, Abomey, Porto-Novo et sa périphérie mais également Dassa, Savè, Savalou, Kétou,… en présentent des signes visibles incontestables pour qui sait les reconnaître.

Gastronomie

La gastronomie béninoise est extrêmement riche et variée. Les mets varient en fonction des régions, des saisons et présentent d’innombrables saveurs à découvrir.

Quelques spécialités :

Parmi les accompagnements, on peut citer la pâte de maïs (awo en Goun), la pâte de manioc (agbéli), la pâte noire (télibo, à base de cossettes d’ignames), la pâte rouge (amiwo), l’igname pilée (agou), le piron (encore une pâte, à base de farine de manioc cette fois), etc. Mais tous les accompagnements ne se présentent pas sous forme de pâte : on peut citer le riz, le manioc, la patate douce, la banane plantain et l’igname (frites ou bouillies), l’attiéké (couscous de manioc), les spaghettis, les ablos (mélange à base de riz et ou de maïs cuit à la vapeur), etc.

Ces accompagnements « accompagnent » justement des sauces : sauce arachide, sauce tomates, sauce au poisson (frais ou frit), sauce de mouton (gbo kpètè), sauce de porc (han kpètè), sauces aux légumes variées (amanvivè, gboman, klinklin), sauce gombo, sauce graine (à base de noix de palme), sauce « dja » (friture de tomates et ses condiments), sauce aux crabes, aux crevettes, et j’en passe. Comme vous le constaterez, la viande est souvent incorporée aux sauces. Les épices et notamment le piment y sont également largement représentées.

D’autres plats complets à base de haricots rouges (abobo, zangpéti, atassi) donnent aussi à découvrir de nouvelles saveurs.

Pour les grignotages, une multitude de fruits s’offrent à vous : banane, ananas, papaye, orange et autres agrumes, mangue, noix de coco, goyave, corossols  ainsi que quelques amuse-gueules : noix de cajou, arachides, chips de manioc ou de bananes, coco râpée, etc.
Enfin, une variété de « coupe-faims » sont disponibles au bord des rues : il s’agit des bouillies (maïs, riz, tapioca, sorgho, mil…), beignets de haricots (ata), patates douces ou ignames frites (wèvi, tévi), bananes ou maïs grillés, fruit de l’arbre à pin (Gblèfoutoun), etc. ainsi que des viandes grillées, volaille ou mouton notamment.

À boire, deux spécialités alcoolisées à citer : la fameuse « béninoise », une bière blonde et légère servie en 33cl ou 65cl. Le sodabi (alcool de palme, composé de la sève du palmier) : très fort, à consommer avec modération.